Il y a une quinzaine d’années, lorsque mon amie Amélie et moi étions encore élèves au Conservatoire Royal de Bruxelles, nous prenions souvent le bus 71 pour nous rendre de l’annexe située rue du chêne (la rue de Manneken Pis), jusqu’à l’annexe située rue de Stassart (à Porte de Namur). Juste avant d’arriver à Porte de Namur, le bus passe sur la Place des Palais, devant le Palais Royal de Bruxelles.
Je crois que cette place est la rue de pavés romains la plus accidentée de l’Univers. Ne vous y embarquez jamais à vélo, ni à pieds, vous risquez de tomber dans un trou sans fond et de vous retrouver dans les entrailles de la terre… Un régiment de soldats allemands y aurait même disparu pendant la guerre… Et certains racontent que c’est là qu’a sombré l’Atlantide.

Trève de plaisanterie. Quand le bus roulait sur ces pavés. Amélie et moi détendions tous les muscles de notre corps pour nous laisser aller comme des poupées de caoutchouc. Et nos mouvements partaient dans tous les sens ! Cela faisait croire au chauffeur qu’il était sur un terrain de moto cross (bien qu’un terrain de moto cross soit bien moins accidenté).
Mais ce n’est pas tout, en laissant ce rallye acrobatique faire vibrer notre diaphragme et gérer notre souffle – nos voix sortaient naturellement.
Le son que nous produisions était alors quelque chose comme :
“HeehehAAAehwwwAAaaEEeoooOOOohehwwOOOwehaHAEHwwwAEhhhahaOOOaehhhAHwwwAHahahwwAaaEEhahaa”
Cela nous faisait beaucoup rire. Petite parenthèse, nous avions 25 ans, et il est certain qu’aujourd’hui, 12 ans plus tard, nous le ferions encore !
Dans ces moments-là, je ne suis pas embarrassé : je savoure juste le bonheur d’être mon enfant intérieur de 5 ans qui ne se juge pas et qui ne s’excuse pas d’être qui il est !
Dans un rapport intime, lorsque mon partenaire m’embrasse dans le cou, dans une zone très précise, je suis parcouru de millions de milliards de frissons. Et tout mon corps se met à trembler de manière absolument incontrôlable.
C’est mon point faible.
Cela fonctionne aussi avec une caresse très légère dans cette même zone.
C’est quasiment orgasmique !
Et ce n’est pas tout, ma voix sort, elle-aussi, de manière incontrôlable…
Le son que je produis est alors quelque chose comme :
“HeehehAAAehwwwAAaaEEeoooOOOohehwwOOOwehaHAEHwwwAEhhhahaOOOaehhhAHwwwAHahahwwAaaEEhahaa”
La sensation est tellement intense qu’il me faut un moment ensuite pour reprendre mon souffle.
Le soucis, c’est que je ne peux pas m’empêcher de rire ensuite….! Je ris parce que je suis embarrassé. Je me juge comme un ado de 16 ans qui se cherche et qui s’excuse…
Hmm pas simple… Je le sais bien, pourtant, que ça ne sert à rien de me juger… Je sais que quand il y a jugement, le juge ment.
Pourquoi donc devrais-je m’excuser de ma réaction vibratoire? Elle est intense, vraie, belle, incontrôlable, et elle me provoque un plaisir inégalable ! Ces frissons, hmmm… Ces frissons ne m’ont jamais menti ! J’ai l’impression qu’ils sont de la pure énergie, de la pure vulnérabilité ! Pas étonnant que je sois embarrassé, c’est mon masque qui tombe et qui dévoile mon intimité ! C’est là qu’est mon enfant intérieur… C’est par là que je dois chercher…
Depuis peu, je porte beaucoup plus mon attention sur ces frissons. Je m’en sers pour valider ce que ressens. C’est le mode vibreur de mon intuition ! Parfois le frisson est tellement fort que c’est le mode vibreur + le mode épilation ! J’espère qu’à la prochaine mise à jour ils ajouteront l’option pour faire le café.
Lorsque je veux m’exprimer dans toute ma vulnérabilité, j’écoute le frisson.
Lors des réunions de La Grande Famille, lorsqu’un des participant s’exprime et que ses propos résonnent en moi : frissons !
C’est aussi le frisson qui me confirme la justesse de mon interprétation du miroir !
Et lorsque je suis en plein élan créatif: c’est le frisson qui valide mes idées !
Ainsi Validé !
Ce frisson serait-il une lanterne qui m’éclaire la route vers la Source ?
En bon voyageur, je pars explorer dans cette direction !
“ Le profond réconfort réside dans la compréhension
De cet ancien courant invisible
Un frisson devant la Beauté “
Richard Dawkins
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